Le Tréport Rencontre : « Je souhaiterais que les jeunes aient l’esprit qui était le nôtre pendant la Résistance »

Originaire d'Embreville, le Tréportais Jacques Jolly garde beaucoup de souvenirs de ses années de Résistant pendant la seconde guerre mondiale. Ceux-ci résonnent avec l'actualité.

04/05/2017 à 15:27 par lucas farcy

Jacques Jolly a déjà reçu de nombreuses distinctions, notamment pour son implication dans des associations d'anciens combattants. Il pourrait prochainement être distingué de la Légion d'honneur. -
Jacques Jolly a déjà reçu de nombreuses distinctions, notamment pour son implication dans des associations d'anciens combattants. Il pourrait prochainement être distingué de la Légion d'honneur. -

Discuter avec Jacques Jolly, c’est plonger dans l’histoire du XXème siècle. A 92 ans, la vie de cet ancien résistant éclaire l’actualité sous un projecteur humaniste. Tous les souvenirs qu’il garde en tête, Jacques Jolly voudrait qu’ils ne soient jamais oubliés : « Je fais toutes les cérémonies du souvenir qui sont organisées dans le secteur » explique ce Tréportais originaire d’Embreville.

Dans la Résistance à 19 ans

Dimanche 30 avril, il était à la cérémonie rendant hommage aux déportés de la Seconde Guerre Mondiale: un moment important qui ravive toujours chez lui de nombreux souvenirs. « Je suis entré dans la Résistance à 19 ans, en 1943, notamment parce que mes parents, boulangers à Embreville, faisaient de la résistance. Je me souviens que Xavier Moiyon, lieutenant de vaisseaux qui avait participé au sabordage de la flotte française à Toulon en 1942 pour contrer Pétain, a atterri chez nous. C’était un grand résistant, il m’a inspiré même s’il me disait que j’étais trop jeune pour faire cela ».

Il rejoint le groupe Gabriel Perry. « Nous ne nous connaissions pas tous, parce que l’une de nos préoccupations était de ne pas se mettre en danger, nous ou nos proches ».

Depuis cette époque, Jacques Jolly explique que ses idées n’ont pas changé : « Je vis dans le Gaullisme » revendique celui qui est membre de cinq associations d’anciens combattants et garde une copie du discours du 18 juin à côté de ses diplômes d’honneur. Voir une candidate d’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle alors que lui et les anciens combattants rendent hommage aux victimes de la seconde guerre mondiale le contrarie : « Je ne veux pas lâcher mes convictions patriotiques. Défendre l’Etat, c’est défendre tous ses enfants et je souhaiterais que les jeunes aient l’esprit que nous avions pendant la Résistance ». Derrière les paroles de Marine Le Pen, il voit « un espace d’ombre » et ne comprend pas qu’on puisse « voter pour le candidat de l’extrême ».

« Nous sommes arrivés avec les Canadiens à Gamaches »

Dimanche, il sait donc pour qui il va voter. Le lendemain, il rendra de nouveau hommage aux victimes de la guerre à l’occasion des cérémonies du 8 mai. « Je me souviens de la Libération, nous étions arrivés à Gamaches en même temps que les troupes canadiennes » se souvient-il, sourire aux lèvres. A côté de sa bibliothèque remplie de souvenirs de guerre et de décorations, il garde une photo de lui, prise à Ault quatre jours après la Libération. Menton relevé, les yeux du jeune homme qui avait alors 20 ans semblent regarder vers l’avenir avec détermination. 72 ans plus tard, Jacques Jolly a moins de cheveux et plus de rides, mais toujours le même regard.

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